Jeudi 11 février 2016, 12h-14h

 

Faire de l’histoire orale au Québec: table ronde et lancement du numéro spécial de la RhAf

Une collaboration entre la Revue d’histoire de l’Amérique française et le Centre d’histoire orale et de récits numérisés

 

Alors que l’histoire orale occupe une place relativement marginale au sein de la discipline historienne, ses diverses formes de pratiques favorisent néanmoins les échanges avec diverses disciplines des sciences humaines et sociales, ce dont témoignent des travaux novateurs réalisés au cours des dernières années au Québec. En s’appuyant sur les discussions qui ont émergé lors d’une journée d’études à l’Université de Sherbrooke en avril 2015, et pour souligner le lancement du numéro spécial de la RhAf sur les sources orales, cette table ronde rassemble de jeunes chercheurs en histoire orale qui sont invités à partager leurs récits de pratique à l’aulne de la formation qu’ils et elles ont reçue. Comment forme-t-on la relève, d’une institution à une autre? Comment se pratique l’histoire orale au Québec, dans les murs de l’université et à l’extérieur du cadre académique?
La discussion sera suivie d’une petite réception, et des copies du numéro spécial de la RHAF seront en vente.
Avec Catherine Charlebois et Jean-François Leclerc (Centre d’histoire de Montréal), Catherine Charron (Université Laval), Catherine Foisy (UQAM), Christine Labrie (Université d’Ottawa), Aude Maltais-Landry (CHORN)

La table ronde sera présidée par Ioana Radu, chercheure postdoctorale à DIALOG, et commentée par Louise Bienvenue, directrice de la RhAf (UdeSherbrooke) et Denyse Baillargeon (UdeM)

 

Au Centre d’histoire orale et de récits numérisés (CHORN), Université Concordia

1400 boul. de Maisonneuve ouest, LB-1042 (10e étage)

Montréal, Québec H3G 1M8

514-848-2424, poste 5464

storytelling.concordia.ca

www.facebook.com/cohds

 

Biographies

Catherine Charlebois est responsable des expositions et des collections au Centre d’histoire de Montréal à titre de muséologue. Depuis 2009, elle y a coordonné plusieurs expositions où l’histoire orale occupe une place prépondérante. Ces divers projets l’ont amenée à se spécialiser dans la mise en exposition de témoignages dans les musées d’histoire. Elle est coauteure, avec Paul-André Linteau, du livre Quartiers disparus Red Light, Faubourg à m’lasse, Goose Village, tiré de l’exposition du même nom. Précédemment à son travail au Centre d’histoire de Montréal, elle a œuvré à titre de coordonnatrice des programmes éducatifs au Musée McCord et comme conservatrice au Museum Village (Monroe, NY). Elle détient un baccalauréat spécialisé en Histoire de l’Université de Montréal et une maîtrise en muséologie du Cooperstown Graduate Program (Cooperstown, NY).

 

Catherine Charrona complété en 2015 un doctorat en histoire à l’Université Laval sous la direction de Johanne Daigle. Son domaine de recherche est l’histoire des femmes et du travail dans le Québec contemporain. Elle s’intéresse particulièrement aux frontières entre les différents marchés de l’emploi, au travail informel et aux trajectoires professionnelles dans une perspective sociohistorique.

 

Catherine Foisy est professeure du christianisme au Québec et dans le monde contemporain au Département de sciences des religions de l’UQÀM depuis septembre 2013. Poursuivant dans le sens de la thèse soutenue en août 2012 à l’Université Concordia (Humanities) sur l’effort missionnaire québécois, elle s’intéresse particulièrement aux enjeux relatifs aux circulations et transferts culturels opérés dans le champ missionnaire contemporain, à partir du croisement de données issues de fonds d’archives de congrégations missionnaires principalement féminines et de la poursuite d’enquêtes d’histoire orale auprès des actrices et acteurs de la mission.

 

Diplômée en histoire à l’Université de Sherbrooke et étudiante au doctorat en études féministes à l’Université d’Ottawa, Christine Labrie a découvert les sources orales presque par hasard au cours de sa formation de premier cycle, et se passionne depuis pour cette approche méthodologique. Dans son mémoire de maîtrise, elle s’est penchée sur les histoires de vie de femmes sans enfants nées entre 1930 et 1950.

 

Détenteur de maîtrises en histoire et en muséologie, Jean-François Leclerc dirige depuis 1996 le Centre d’histoire de Montréal, centre d’interprétation et musée de la Ville de Montréal. Sous sa direction, cette institution s’en engagée dans plusieurs projets d’activités et d’expositions inspirés de la muséologie sociale tels la «clinique de mémoire» et mettant notamment en valeur le patrimoine immatériel. Il agit aussi comme expert, en accompagnant la Ville, les arrondissements et des organismes dans leurs projets de sensibilisation à l’histoire et au patrimoine. Il collabore présentement aux travaux du GIS français Institutions patrimoniales et pratiques interculturelles.

 

Aude Maltais-Landry a terminé en 2014 une maîtrise en histoire à l’Université Concordia, sous la direction de Steven High et avec le soutien financier du CRSH et du FRQSC. Son mémoire, « Récits de Nutashkuan : la création d’une réserve indienne en territoire innu», a été récompensé par deux prix d’excellence. Elle s’intéresse aux possibilités de l’histoire orale pour faire connaître le point de vue des Autochtones sur leur propre histoire. Elle a également collaboré à l’Alliance de recherche universités-communautés (ARUC) Tetauan. Habiter le Nitassinan mak Innu Assi : Représentations, aménagement et gouvernance des milieux bâtis des collectivités innues du Québec.

 

Denyse Baillargeon est professeure au département d’histoire de l’Université de Montréal. Depuis une quinzaine d’années, ses recherches se sont intéressées à la médicalisation de la grossesse et de la petite enfance, à la surveillance médicale des écoliers, de même qu’à la diffusion des théories psychologiques dites «modernes» dans le Québec de l’après-guerre. Elle est l’auteure de nombreux articles portant sur ces questions, et du livre Un Québec en mal d’enfants. La médicalisation de la maternité, 1910-1970 (Remue-ménage, 2004). En 2007, elle a aussi fait paraître Naître, vivre, grandir. Sainte-Justine, 1907-2007 aux éditions du Boréal. Ses recherches actuelles portent sur les campagnes de financement organisées par cet hôpital pédiatrique entre 1929 et 1970 et sur la contribution des publicités commerciales pour les médicaments en vente libre à la médicalisation de la société québécoise entre 1920 et 1970.

 

Professeure titulaire au département d’histoire de l’Université de Sherbrooke, Louise Bienvenue est spécialiste de l’histoire du Québec contemporain. Ses publications récentes abordent l’histoire du réseau de protection de la jeunesse aux XIXe et XXe siècles ainsi que l’histoire des collèges classiques. Elle mène présentement une enquête d’histoire orale auprès des anciens de Boscoville (1941-1997), un centre de rééducation pour mineurs. Depuis 2013, elle est aussi directrice de la Revue d’histoire de l’Amérique française.

 

Ioana Radu est chercheure postdoctorale à DIALOG. Elle travaille avec les communautés des Premières Nations depuis plus de dix ans, dans une diversité de domaines.  Elle a récemment terminé son doctorat en Humanities à l’Université Concordia. Sa recherche, qui portait sur la relation entre autonomie et bien-être, examinait comment la guérison se déploie à un niveau  local dans la nation crie de Chisasibi (Baie James). Le projet se basait sur la méthodologie de l’histoire orale et la théorie de la décolonisation pour développer une approche de recherche collaborative et décolonisatrice.