Bilan et perspectives en historiographie de l’Amérique française

Date limite pour soumettre une proposition (500-1000 mots) : 15 mars 2019

En tant que discours portant sur l’évolution de la production historique, l’historiographie est pour ainsi dire un compagnon réflexif de la pratique historienne. Elle la suit comme son double, la reflète, l’informe, l’oriente, et, parfois même, la confronte et la refonde. À ses adeptes, elle permet de s’insérer dans la mémoire longue de leur discipline, de ressaisir, par derrière eux, le sens des problèmes, des techniques et des concepts dont ils tirent parti au quotidien.

Pour une institution comme la Revue d’histoire de l’Amérique française, l’heure des bilans sonne de manière récurrente. Voulue par son fondateur comme « le principal lien entre les ouvriers de la même tâche », un « foyer » où s’exposent et s’échangent les travaux à propos d’une aire aux contours mouvants, l’Amérique française (Lionel Groulx, « Pages liminaires », RHAF, 1, 1 (1947), p. 5), elle doit garder le rythme et le contact avec la pratique historienne, sinon montrer la voie. L’essoufflement de la question nationale, l’apaisement des débats autour de l’« interprétation révisionniste de l’histoire du Québec », la diversité des travaux générés par une histoire sociale revigorée par le paradigme de l’histoire culturelle, le recul pris par rapport à la « nouvelle sensibilité historique », l’émergence ou l’exacerbation de certains enjeux sociaux, l’intégration de nouveaux(lles) acteurs(trices) et expériences du passé, de même que la réalisation récente de plusieurs études consacrées à des figures et des mouvances historiographiques (F.-X. Garneau, Thomas Chapais, Lionel Groulx, Marie-Claire Daveluy, l’« école de Québec », etc.) justifient, croyons-nous, un nouvel examen des pratiques historiographiques au Québec, au Canada comme dans le reste l’Amérique française.

Quels sont les questionnements, les objets, les méthodes, les orientations et les sensibilités qui ont animé et qui animent actuellement l’historiographie ? Tout en se moulant à cette vaste interrogation, les textes de ce numéro thématique doivent porter sur des figures, des œuvres, des thématiques, des espaces réels ou imaginaires, des interprétations ou des tendances reliées à l’historiographie de l’Amérique française, toutes périodes confondues.

Les chercheuses et chercheurs qui désirent contribuer à ce numéro doivent faire parvenir leur proposition d’article de 500 à 1 000 mots pour le 15 mars 2019 aux deux adresses suivantes : Louise.Bienvenue@USherbrooke.ca ; julien_goyette@uqar.ca.

Si votre proposition est retenue, vous aurez jusqu’au 15 décembre 2019 pour soumettre votre article (9 000 mots, incluant les notes). Les consignes pour la rédaction des textes sont disponibles sur le site web de l’Institut d’histoire de l’Amérique française (http://www.ihaf.qc.ca/ihaf/). Les articles acceptés seront publiés dans un numéro thématique de la Revue d’histoire de l’Amérique française à l’automne 2020.

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L’Ouest franco-américain, XVIIe-XXe siècles

Date limite pour la proposition (500-1000 mots) : 1er mai 2018

L’Ouest américain est un territoire dont la définition a changé au fil du temps, à la mesure de la marche du peuplement d’origine européenne, de la marginalisation des nations autochtones et de la délimitation de la frontière entre les États-Unis et le Canada. C’est aussi un espace mémoriel, voire mythique, aux États-Unis et ailleurs.

De l’énonciation de la thèse de la frontière de Frederick Jackson Turner (1893) à l’avènement de la Nouvelle Histoire, les disciples de Clio ont contribué à la construction mémorielle de l’Ouest en proposant des schémas explicatifs qui reflétaient les époques où ils ont écrit et les courants historiographiques plus larges. Les dernières décennies ont ainsi vu un foisonnement d’études en histoire sociale, en histoire culturelle et en histoire des Autochtones. Cette production scientifique a éclairé d’une lumière nouvelle des événements et des processus observés depuis longtemps, et elle a fait ressortir le rôle de groupes jusqu’alors quasi oubliés, comme les femmes, les immigrants, les Noirs et les Autochtones.

L’étude des groupes francophones de l’Ouest américain, c’est-à-dire des Français, des Canadiens français et des Métis, a connu une évolution semblable, particulièrement pour la première moitié du XIXe siècle sur le territoire situé entre les Appalaches et le fleuve Mississippi. Pour Turner et ses disciples, les Canadiens français y avaient tenu une place centrale dans la phase de colonisation associée au commerce des fourrures, puis ils sont disparus au profit de colons plus dynamiques. Aujourd’hui, la thèse de la frontière, à la fois mécaniste et ethnocentriste, a été presque complètement abandonnée. Elle a été remplacée par les notions beaucoup plus subtiles de Middle Ground, de couloir créole et de French River World. En fait, l’essor de la recherche est tel qu’on peut même parler de la redécouverte d’une période oubliée de l’évolution des États-Unis, la période créole ou métisse.

Cette période commence donc à être bien connue et elle fait presque figure d’Eldorado de la recherche, comparativement à l’histoire des francophones de l’Ouest dans la deuxième moitié du XIXe siècle et au XXe siècle. Le cas des régions situées entre le Mississippi et les Rocheuses est particulièrement peu étudié du point de vue des francophones. Ces derniers y ont pourtant été présents, bien qu’en nombre beaucoup moins élevé que dans les États de la Nouvelle-Angleterre.

Nous invitons les collaborateurs intéressés à participer à ce numéro à nous faire parvenir une proposition d’article portant sur n’importe quel aspect et période de l’histoire des francophones du « Grand Ouest américain », c’est-à-dire le territoire situé entre les Appalaches et le Pacifique. Les propositions seront de 500-1000 mots et devront être envoyées d’ici le 1er mai 2018 à l’une des deux adresses suivantes : yfrenette@ustboniface.ca ou mharton@ustboniface.ca

Si votre proposition est retenue, vous aurez jusqu’au 15 novembre 2018 pour soumettre un article en bonne et due forme (9000 mots incluant les notes). Les articles acceptés seront publiés dans un numéro thématique de la Revue d’histoire de l’Amérique française.

Veuillez aussi consulter les consignes de la revue pour la rédaction des textes.

Yves Frenette (titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les migrations, les transferts et les communautés francophones, Université de Saint-Boniface)

Marie-Ève Harton (postdoctorante à la Chaire de recherche du Canada sur les migrations, les transferts et les communautés francophones, Université de Saint-Boniface)