L’Institut d’histoire de l’Amérique française est la principale association des historiennes et des historiens professionnels du Québec et des spécialistes de l’Amérique française. Fondé en 1946 par Lionel Groulx, l’Institut regroupe professeurs, professionnels et amateurs d’histoire provenant de toutes les régions du Canada et de l’étranger. Cependant, le plus gros des effectifs de l’association vient du Québec, où il est naturel que davantage de personnes s’intéressent à ses activités qui sont celles d’une société savante bien impliquée dans son milieu et largement sollicitée par celui-ci.

Outre qu’il publie une revue trimestrielle, la Revue d’histoire de l’Amérique française, et qu’il organise chaque année un congrès scientifique pour ses membres, l’Institut défend la place de l’histoire ainsi que celle des sciences humaines et sociales. Il intervient également dans les grands dossiers d’actualité en matière d’enseignement, de recherche, de patrimoine et d’archives. Enfin, à chaque année, l’Institut récompense les meilleures réalisations en histoire de l’Amérique française par la remise de prix littéraires. Il est membre de la Fédération canadienne des sciences humaines et sociales.

L’Institut d’histoire de l’Amérique française est une corporation sans but lucratif dont les membres, réunis en assemblée générale, élisent, pour deux ans, le Conseil d’administration. Celui-ci nomme ensuite les membres du Comité exécutif. Un bulletin d’information sert d’outil de liaison entre le conseil et les membres de l’Institut.

 

 

 

PRIX DE L'INSTITUT D'HISTOIRE DE L'AMÉRIQUE FRANÇAISE, ÉDITION 2014

Au lendemain du 67e congrès de l'Institut d'histoire de l'Amérique française, qui s'est tenu cette année dans la ville de Québec, nous sommes fiers de présenter les lauréats des prix 2014 de l'Institut. Toutes nos félicitations aux méritants.

PRIX LIONEL-GROULX (Édition 2014)

C'est de manière unanime que les membres du jury ont choisi de décerner cette année le Prix Lionel-Groulx à l’ouvrage "L’Archéologie de l’Amérique française", par Marcel Mousette et Gregory A. Waselkov. S’inspirant de l’histoire matérialiste française qui observe la société selon un regard qui va de bas en haut, l’ouvrage est organisé en fonction des concepts d’adaptation, d’accommodation et d’exploitation et privilégie les tableaux régionaux. À partir des traces qu’ont laissées derrières eux colons et colonisés, de même que des innombrables données accumulées par les archéologies depuis des décennies, les auteurs nous convient à une passionnante traversée de l’Amérique coloniale française, du Canada jusqu’aux Antilles en passant par la Louisiane. En reprenant à nouveau frais l’analyse des premiers essais d’implantation sur le continent, de la santé et du régime alimentaire des premiers colons, de l’établissement précoce des agglomérations urbaines et des rapports ville-campagne, des relations entre les Français et les Autochtones, des efforts missionnaires ainsi que de l’industrie et du commerce, ils mettent en lueur la foisonnante diversité de l’expérience coloniale française sur notre continent.

En plus des nombreuses connaissances nouvelles ou des confirmations qu’il nous apporte, cet ouvrage absolument remarquable, magnifique et désormais incontournable nous lègue un bien précieux qu’il nous appartient de rendre durable : un lieu de rencontre entre l’archéologie et l’histoire.

PRIX DE L'ASSEMBLÉE NATIONALE (Édition 2014)

C’est à l’unanimité que les membres du jury décernent le Prix de l’Assemblée nationale à Alain Beaulieu, Stéphanie Béreau et Jean Tanguay pour leur magnifique ouvrage intitulé "Les Wendats du Québec. Territoire, économie et identité, 1650-1930". Ce livre répond parfaitement aux critères du Prix de l’Assemblée nationale. Il traite d’un sujet éminemment politique : l’histoire des Wendats sur trois siècles, leurs déplacements et leur appropriation du territoire, leurs activités économiques (l’agriculture, la chasse, la pêche, l’artisanat) et leurs revendications juridiques et territoriales. Qui plus est, ce livre, qui interpellera sans aucun doute les chercheurs, les professeurs et les étudiants, saura intéresser également le grand public. Si le fil conducteur de l’ouvrage est l’évolution, sur le long terme, de l’économie de subsistance des Wendats, les auteurs livrent en parallèle une analyse fine des relations entre ces derniers et les autorités coloniales et une réflexion nuancée par rapport à ce qu’ils appellent « l’ambivalence identitaire » des Wendats. Fondé sur une recherche rigoureuse dans les sources et rédigée de manière fluide et accessible, ce livre de belle facture contient de nombreuses images (tableaux et photographies) pertinentes, judicieusement choisies et soigneusement reproduites. Les membres du jury félicitent Beaulieu, Béreau et Tanguay pour cette contribution remarquable à l’histoire des Autochtones en même temps qu’à l’histoire politique du Québec.

PRIX GUY-ET-LILIANE-FRÉGAULT (Volume 66)

C’est avec grand plaisir que les membres du jury décernent le Prix Guy-et-Lilianne-Frégault à Éva Guillorel pour son article fort innovateur intitulé « Gérer la ‘confusion de Babel’ : politiques missionnaires et langues vernaculaires dans l’Est du Canada (XVIIe – XIXe siècles) ». S’inspirant de travaux en linguistique, en anthropologie et en histoire, l’auteure livre un texte élégant qui contient une analyse fine et méticuleuse des stratégies linguistiques d’évangélisation développées par des missionnaires en Acadie. Aux yeux de l’auteure, l’Acadie constituait un « espace-test » pour les missionnaires européens qui devaient négocier et éventuellement maîtriser les langues amérindiennes (notamment le mi’kmaq, l’abénaki et le malécite). Elle arrive à la conclusion qu’au lendemain de la Conquête britannique, la nécessité d’apprendre les langues autochtones devient encore plus pressante pour les autorités ecclésiastiques qui doivent dorénavant faire face à la concurrence protestante. Les membres du jury saluent l’originalité de la problématique ainsi que la démarche multidisciplinaire de l’auteure et félicitent celle-ci pour cet article aussi riche que stimulant.

PRIX MICHEL-BRUNET (Édition 2014)

"Hydro-Québec et l’État québécois, 1944-2005", publié chez Septentrion, est le résultat de recherches doctorale et postdoctorale réalisées respectivement aux universités Laval et Concordia. Le comité des prix de l’Institut salue la justesse des rapprochements qu’établit le jeune historien Stéphane Savard entre l’existence d’Hydro-Québec et une série d’enjeux d’ordre plus généraux comme l’espace, la modernité, la technologie et les changements culturels survenus à partir du milieu du vingtième siècle. L’auteur décrit le projet de la Baie-James du gouvernement Bourassa comme un « point tournant de notre histoire », la société d’État prenant alors valeur de symbole pour la nation moderne québécoise désormais confiante de pouvoir combiner avec succès la langue française, le génie québécois et ses capacités techniques, la nordicité ainsi que l’énergie d’une société jeune.Le comité offre ses félicitations à Stéphane Savard pour le travail ambitieux et original qu’il a accompli afin de mettre en évidence le rôle clef joué par Hydro-Québec dans la construction du Québec moderne. Ce travail nous fournit de riches et utiles éléments de contexte historique dans le cadre des débats ambiants concernant l’environnement, le Nord, la citoyenneté et le « pouvoir » au sein de la société québécoise.
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APPEL À COMMUNICATIONS. Journée d'étude sur l'histoire orale. Pour plus d'informations, voir la page de l'événement. ...

L'histoire orale en vaut-elle la peine? Avantages et contributions d'une pratique en milieu francophone

avril 10, 2015, 12:00

Université de Sherbrooke Carrefour de linformation

Depuis la dernière décennie, l'histoire orale semble susciter un intérêt croissant chez les chercheurs québécois, un intérêt auquel les avancées technologiques facilitant la récolte et le traitement des sources orales ne sont certainement pas étrangères. En témoigne par exemple la création en 2006 du Centre d'histoire orale et de récits numérisés de l'Université Concordia, le seul centre de recherche spécialisé dans cette approche au Québec. Par ailleurs, la Revue d'histoire de l'Amérique française prépare actuellement un numéro spécial sur les sources orales, à paraître en 2015. Malgré ce regain d'intérêt, il apparaît que l’histoire orale n’a pas rencontré l’engouement attendu dans les années 1970 (Hamelin et Gagnon, 1978). Presque quatre décennies plus tard, on recense à l'échelle occidentale la production de travaux importants (par ex. : Portelli, 2010; Baillargeon, 1991; James, 2002), de même que quelques centres de recherche et revues spécialisées, mais la pratique demeure encore marginale, en particulier dans les milieux francophones, qui semblent plus réticents à mettre de l'avant ce type de sources. Très peu d'historiens se réclament de l'histoire orale, et les rares spécialistes de cette approche préfèrent le plus souvent se rattacher à un champ de recherche plutôt qu'à une méthodologie (Labelle, 2005). Les étudiants ont rarement l'occasion de se familiariser avec les sources orales au cours de leur formation et ils sont peu nombreux à se lancer dans cette voie aux études supérieures. Pourtant, l'utilisation de sources orales est courante dans des disciplines telles que la sociologie, l’ethnologie ou la criminologie, et on a maintes fois souligné combien cette approche représentait un outil pertinent pour rendre compte de l'expérience de populations minoritaires ou minorisées, absentes des documents écrits : travailleurs, communautés culturelles, femmes et minorités visibles (Perks et Thomson, 2006; Descamps, 2006; Baillargeon, 1993). L’histoire orale permet aussi d’accéder au versant sensible de certains grands événements traumatiques, d’où l’attrait des chercheurs pour les récits des vétérans de guerre (Reid et Hann, 1978) et des populations ayant subi une violation de droits humains (Greenspan, 1998; High et al., projet Histoire de vie Montréal). Les historiens, bien que conscients des possibilités offertes par les sources orales, excluent souvent leur utilisation ou s'en tiennent à mentionner qu'elles offriraient un complément intéressant à leurs recherches. La timidité des historiens à l'égard de l'histoire orale est d'autant plus surprenante qu'elle contraste avec le discours de remise en valeur des acteurs dans le récit historique et l'intérêt contemporain pour l'individu. Devant ce constat, nous invitons professeurs, chercheurs et étudiants à une journée d'étude consacrée aux possibilités qu'offrent les sources orales aux historiens. L'événement sera inauguré par une conférence de Florence Descamps, Maître de conférences à l'École Pratique des Hautes Études de Paris et spécialiste de l'histoire orale en France. Une table-ronde regroupera aussi Denyse Baillargeon, pionnière de l'histoire orale au Québec, Steven High, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en histoire orale et co-directeur du Centre d'histoire orale et de récits numérisés ainsi que Mme Descamps.

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Le dernier numéro de la RHAF (vol. 67, no 1) est sorti ! Vous le trouverez également sur Érudit, www.erudit.org/revue/haf/2013/v67/n1/index.html

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